Mathilde Verdin
Mathilde Verdin (1994) vit et travaille à Paris.
Diplômée de la Haute École d’Arts de Perpignan
Mon travail interroge ontologiquement ce qui demeure dans les corps, les lieux et la mémoire. L’importance d’une trace, qu’elle soit visible ou bien qu’elle se devine au travers la posture d’un corps fatigué, de la lumière d’un espace vide, de la présence silencieuse d’un objet voire d’un lieu.
Il ne s’agit pas seulement de représenter ce qui subsiste, mais de questionner ce qui persiste, continue d’exister, alors que l’événement est passé, que le geste s’est effacé, et que le corps a été traversé.
Ma représentation des corps abîmés, épuisés, parfois même opérés exposent les traces, les marquent, que la vie leur impose. Ils sont de fait moins performants mais pourtant jamais vaincus.
L’immobilité et la posture suspendue dont ils font l’objet traduit une temporalité intérieure ainsi qu’une forme d’attente, permettant de ressentir à la fois le ralentissement du temps et la tension de de ce qui se maintient malgré tout.
La fragilité n'est ici, pas dramatisée, elle devient matière, présence et persistance.
Les espaces domestiques, urbains et naturels, souvent vides ou traversés par l'eau, deviennent quant-à-eux, le prolongement psychique des corps. Ces lieux portent l’empreinte de la mémoire des gestes, des absences et des traces que le temps a déposé. La lumière, qu’elle soit rasante ou crépusculaire, dans sa composition et son silence, structure la scène a l’allure d’un cadrage cinématographique, créant une atmosphère où le temps semble suspendu, où l'espace mental du spectateur s'ouvre.
Mon ambition artistique s’ancre dans l’ouverture d’un espace de projection, bien plus que dans l’idée de raconter une histoire.
De cette façon, les images fonctionnent comme des mini-films intérieurs, silencieux où le spectateur devient témoin voire co-acteur de la scène, pouvant ressentir la solitude, l'attente, l'immobilité et la persistance de ce qui demeure.
L'œuvre offre un lieu d'introspection où le sensible, le silence et la mémoire s'entremêlent.
L’huile médium lent étire le temps. Chaque peinture est un geste de dépôt, l’enregistrement d'empreintes physiques et psychiques. La trace, la solitude et l'attente deviennent ainsi des vecteurs d'empathie silencieuse, invitant à contempler la fragilité comme une forme de persistance afin de s’autoriser à vivre, habiter, un temps intérieur suspendu.
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