Silvia Velázquez
Née en 1980 en Uruguay, Silvia Velázquez vit et travaille entre la Suisse et la France. Elle développe une pratique sensible et introspective, ancrée dans les notions de mémoire, d’intime et de transmission. À travers une diversité de médiums et de techniques, elle explore ce qui demeure — les traces, les gestes, les objets — lorsque le souvenir s’efface ou vacille.
Formée à la gravure et à l'histoire de l'art en tant qu’étudiante libre, actuellement en licence à l'École des arts de la Sorbonne, elle poursuit une recherche plastique où l'expérience personnelle se transforme en matière poétique. Dans des séries comme …et au final tout ira bien, Nostalgias, ou Mémoires et confidences, elle explore la cartographie affective de l'espace domestique, les héritages invisibles, et les tensions entre oubli et persistance.
Le textile, le papier et les gestes quotidiens occupent une place centrale. Chaque projet devient ainsi un fragment de mémoire intime rendu visible, une tentative de capter ce qui reste.
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Autoportrait #1
Dans ma pratique artistique, je m’intéresse particulièrement aux relations qui peuvent se créer entre la mémoire, l’intime et les objets de notre quotidien. Depuis quelques années, je m’étais concentrée sur des produits qui, en partie, grâce à sa charge émotive et nostalgique réussissaient à conquérir les consommateurs et à être toujours fabriqués et vendus. Cela, même après plusieurs décennies depuis son lancement sur le marché. Ces objets pour la plupart deviennent emblématiques pour les générations qui les ont connus. Il suffit, par exemple, d’imprimer l’image d’une cassette sur un produit pour que celui-ci réveille des souvenirs chez ceux pour qui elle était familière et utilisé.
Cependant, pour ce projet, je voulais aller dans un autre sens et m’intéresser aux objets qui seront oublies ou, plus précisément, remplacés relativement vite.
La technologie est sans doute l’un des domaines dans lequel les changements sont les plus rapides et les plus visibles de nos jours. C’est ainsi que j’ai trouvé intéressant de commencer par un objet assez banal et que j’utilise quotidiennement, le câble de chargement USB multiple. Cet objet rentre parfaitement dans la direction que je souhaitais donner à mes recherches, étant donné qu’il est voué à disparaître prochainement. Depuis décembre 2024, les fabricants ont l’obligation d’utiliser un chargeur universel (USB-C) et même ce type de chargeur a commencé à être remplacé par des chargeurs sans fil.
De plus, en travaillant avec ces objets, je me suis reconnue en eux. Plus encore, j’ai trouvé qu’ils étaient un symbole très fort de notre mode de vie contemporain dans lequel il nous faut être polyvalents, nous adapter en permanence aux nouvelles technologies, rester hyperconnectés et constamment disponibles.
C’est pour marquer cette identification que j’ai choisi de donner respectivement le titre Autoportrait #1, Autoportrait #2 et Autoportrait #3 aux trois œuvres de cette série.
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Et au final tout ira bien...
Dessins sur papier et sur tissu récupéré, assemblages, photographies, livre d’artiste
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Nostalgias
La nostalgie a souvent été perçue comme quelque chose de négatif car elle est souvent confondue avec la mélancolie. Cependant, des études scientifiques récentes montrent qu'au contraire, l'activation des souvenirs nostalgiques permet de lutter contre la tristesse et de se protéger des sentiments négatifs.
Néanmoins, il est important de dénoncer l'usage commercial qui est donné à la nostalgie car elle nous prédispose à payer plus pour un objet que nous voulons. Ce qui nous rappelle que tout temps passé était meilleur aura une meilleure vente. Ou comme la nostalgie est également utilisée en politique. Le cas le plus clair est celui du slogan de campagne «Make America Great Again» utilisé par l'actuel président des États-Unis, mais aussi avant lui par Ronald Reagan et pour certains discours de Bill Clinton. Ainsi que l'expression «Hasta la vista, Baby» utilisée comme argument par Arnold Schwarzenegger lors de sa campagne électorale, pour son élection au poste de gouverneur de l'État de Californie.
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Le bon angle
« Montluçon Art Mobile », Fonds d’art moderne et contemporain, Montluçon, France
Le bon angle est un projet né de l’envie de Silvia Velázquez de partager son travail à travers les réseaux sociaux. A l’aide de son smartphone, procédant comme pour un selfie, l’artiste a pris des photos de ses dessins sur papier puis utilisé l’application Instagram pour appliquer des filtres aux images obtenues. Ces dernières devenant à leur tour de nouvelles œuvres indépendantes.
Article: Internet et les réseaux sociaux en prise sur l’art mobile - ArtsHebdoMédias
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Vous pouvez vous asseoir
« Ceci est une chaise »
Le point de départ pour la réalisation de cette installation a été la « chaise ». Après avoir parcouru brocantes et magasins de seconde main, je suis finalement tombée sur ce siège qui aurait pu être, à lui seul, une œuvre d’art.
Considérant absolument superflue l’intervention directe sur un tel objet, ici la « chaise », celui-ci devient une œuvre d’art non seulement par sa représentation dans le dessin accroché au mur, mais aussi, et surtout, par sa mise en scène.
C’est au travers du diptyque, que je laisse une empreinte tangible de mon intervention. Dans la première partie de celui-ci, j’ai voulu faire allusion au public qui viendra parcourir l’exposition et qui prendra place dans l’œuvre pour l’achever et la compléter par le simple geste de s’y asseoir. Afin de renforcer l’idée qu’il s’agit bien d’une œuvre d’art, j’ai non seulement représenté l’objet et son espace, mais j’ai également dessiné un piédestal sur lequel, en quelque sorte, le tout viendrait s’appuyer.
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