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Vendredi lecture de la résidence art, société et psychiatrie

Dans le cadre du programme de résidence dédié à l’exploration des liens entre art, société, psychologie clinique et psychiatrie, les artistes lauréates Céline Cuvelier et Sarah Feuillas ont nourri leurs recherches par des lectures théoriques, philosophiques et littéraires. 

Céline Cuvelier : penser la violence, le soin et les politiques du contrôle

Les recherches menées par Céline Cuvelier s’inscrivent à l’intersection des questions de santé mentale et du milieu carcéral. Ses lectures interrogent les mécanismes de violence et d’enfermement en tant qu’outils de gestion sociale et politique, tout en explorant les alternatives possibles à travers les notions de soin, d’attention et d’amour.

Parmi les ouvrages qui accompagnent actuellement son travail figurent À propos d’amour de bell hooks, qui envisage l’amour comme une pratique politique et sociale susceptible de transformer les rapports humains ; Rien ne résiste à la joie de vivre de Raoul Vaneigem, qui affirme la joie de vivre comme force de résistance face aux logiques d’aliénation et d’asservissement ; La santé mentale : vers un bonheur sous contrôle de Mathieu Bellahsen, qui interroge comment la notion de santé mentale a été transformée en outil de normalisation et de contrôle ; ainsi que Par-delà le principe de répression. Dix leçons sur l’abolitionnisme pénal de Geoffroy de Lagasnerie, qui propose une réflexion critique sur les systèmes punitifs et leurs fondements.

Ces lectures participent à une réflexion plus large sur les structures institutionnelles qui produisent ou régulent la violence, tout en ouvrant des perspectives autour de pratiques de soin et d’attention envisagées comme des formes de résistance et de transformation sociale.

Sarah Feuillas : la parole, ses empêchements et ses possibles retours

Le travail de recherche de Sarah Feuillas s’attache quant à lui à la question du langage, de ses fonctions psychiques et des conditions de son altération ou de sa reconstruction. À travers des approches issues de la psychanalyse, de la philosophie et de la littérature, l’artiste explore les effets du traumatisme sur la parole ainsi que les processus qui peuvent permettre son émergence ou sa réactivation.

Sa bibliographie de travail rassemble notamment La ressemblance par contact de Georges Didi-Huberman, qui interroge les formes de transmission et de mémoire, Quand dire, c’est guérir d’Alain Blanchet, consacré aux fonctions thérapeutiques du langage, ainsi que Jeu et réalité de Donald W. Winnicott et Deuil et mélancolie de Sigmund Freud, deux textes majeurs pour penser les processus psychiques liés à la perte, au trauma et à la symbolisation.

D’autres œuvres littéraires, telles que L’Enfant bleu d’Henry Bauchau, Devant la parole de Valère Novarina, 1Q84 de Haruki Murakami, L’histoire d’Helen Keller de Lorena A. Hickok ou encore Les Oiseaux de Tarjei Vesaas, viennent compléter ce corpus en abordant, chacune à leur manière, les rapports entre silence, altération du langage, perception et reconstruction du sujet.

 

Ce temps de résidence a offert aux artistes un cadre propice à l’approfondissement de leurs recherches et à la structuration de leurs réflexions. À travers ces lectures, elles poursuivent un travail d’exploration qui nourrit progressivement leurs questionnements respectifs et leurs projets.