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Rencontre avec Sarah Feuillas à Dunkerque

Rencontre avec Sarah Feuillas à Dunkerque

Le 16 décembre 2025, la rencontre avec l’artiste Sarah Feuillas à Dunkerque a pris la forme d’une traversée de ses principaux terrains de recherche, du FRAC Grand Large aux dunes littorales, entre lignes d’usines, jetées métalliques et bancs de phoques qui trouent le paysage. Cette immersion à Dunkerque s’est prolongée par une visite et un entretien dans son atelier à Fructôse, au cœur même du paysage industriel.

Lauréate du programme de résidence consacré aux liens entre art, société et psychiatrie, Sarah Feuillas est une artiste plasticienne et vidéaste diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2011. En 2017, elle s’installe dans le Nord et a son atelier à Fructôse, à Dunkerque, depuis 2018. Située entre front portuaire et bord de mer, cette ville révèle combien son œuvre s’enracine dans des territoires travaillés par la catastrophe, la mutation industrielle et des formes de reconstruction aussi nécessaires que précaires.

Sarah Feuillas travaille en résonance avec des territoires, et Dunkerque a été une rencontre forte. C’est un territoire rustre, avec une esthétique naturelle (étendues de plage et de dunes, l’horizon qui peut tendre vers un imaginaire infini), mais en même temps l’image de l’industrie portuaire, en perpétuelle transformation. Les deux se confrontent, avec un choc esthétique fort.

Il est difficile de cibler une forme précise dans le travail de Sarah Feuillas : sa démarche évolue constamment, mais s’articule autour de concepts récurrents tels que la destruction, la disparition et la ruine, ainsi que la réparation et la reconstruction. De la même manière, son parcours a connu de nombreuses évolutions, passant de la sculpture à la photographie, puis à la vidéo. Mais elle explique : « Le métal est omniprésent ici [à Dunkerque], c’est un matériau pluriel que j’aime travailler et transformer. Je déploie des bibliothèques de gestes sans en avoir conscience. »

Pour Replica, projet en cours sur lequel elle travaille lors de la résidence, Sarah Feuillas a développé de nouveaux gestes, notamment celui de peindre sur les paupières. Réalisé lors d’ateliers, ce geste symbolique condense une tension : il fixe un horizon imaginaire tout en renvoyant vers un intérieur, un espace de mémoire et d’introspection que la question « que voit-on lorsqu’on ferme les yeux ? » vient discrètement déplacer. Le temps du maquillage, cinq à dix minutes, ouvre un intervalle de silence avec soi ou un temps d’adresse à l’autre. De ce rituel naît un double visage, à la fois masque carnavalesque et surface de projection psychique qui redéfinit la manière dont chacun et chacune se donne à voir.

On vous en partage plus sur cette rencontre, le travail de Sarah Feuillas et le projet Replica très rapidement, restez à l’affût !