Adèle Vivet
Vit et travaille à Paris
Née au sein d’une famille d’historiens spécialisés en architecture romane et gothique, Adèle Vivet se forge un regard nourri des vestiges du passé. Chaque référence devient un prisme, une lentille par laquelle elle sonde notre époque. Son travail est fait d’aller-retours entre sa passion pour certains savoirs ancestraux et leurs modernités en vertu de leurs contextes historiques, et sa fascination pour la culture club et l’espace de la rave party comme un exutoire, un outil de santé mentale.
La représentation et l’ornementation occupent une place centrale dans sa pratique, car elles façonnent à chaque siècle, une vision singulière des corps et plus particulièrement des corps féminins. Son dialogue avec l’Histoire est minutieusement documenté, enrichi de ses échanges avec spécialistes et chercheurs. C’est grâce à une recherche iconographique rigoureuse qu’elle explore le gothique flamboyant et rassemble des archives diverses, cherchant à comprendre comment ces courants et leurs caractéristiques, plus largement les canons esthétiques, évoluent au gré des sociétés et des idéologies.
Issue d’un parcours en design, elle explore les zones d’hybridation où l’artefact se mue en ornement, où l’accessoire devient sculpture, une langue intime, un miroir capable de refléter la psyché et d’entrer en résonance avec l’autre.
À travers la peinture, l’impression 3D, l’écriture et la céramique, elle adresse son rapport aux fantasmes, à la dysmorphophobie et à la haine de soi. Comme l’écrivait Hélène Cixous dans Le Rire de la Méduse (1975), l’anti-amour est un stigmate qui ronge l’estime des femmes. Se représenter, se scruter sous toutes les coutures est une forme de narcissisme paradoxal : « un narcissisme qui ne s’aime que pour être aimé pour ce que les femmes n’ont pas. »
Adèle Vivet s’empare d’un sujet viscéral en donnant corps à un sentiment de frustration physique et psychique profond, à ses luttes contre les troubles alimentaires et au poids engendré par la culpabilité. Sans (se) promettre guérison ou rédemption, son œuvre cherche à matérialiser ces tensions invisibles et à susciter une réflexion sur ces expériences intimes.
Adèle Vivet a suivi un cursus en design d’objet à l’école Boulle, à l’ESAD de Saint-Étienne, et à la Design Académie de Eindhoven. Elle compte à son actif plusieurs expositions solo dans divers lieux comme plus récemment à la Grande Passerelle (Saint-Malo), à la galerie Hyperbien (Montreuil), au Pier-2 Art Center (Kaohsiung) et à Oisterwijk (Pays-Bas). Elle a participé à de nombreuses expositions collectives comme Dark Room au Sheds (Pantin - cur. Mathilda Portoghese), à La Vallée (Bruxelles), aux Arches Citoyennes (Paris), au Sample (Bagnolet), à Fokus Ornament (Vienne), au Confort Mental (Paris) ou encore à la Dutch Design Week (Eindhoven). En parallèle, Adèle Vivet enseigne dans différentes écoles d’art et de design telles que l’ESDAC, LISAA et STRATE Design.
Adèle Vivet est actuellement résidente du collectif Non Etoile à Saint-Ouen.
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Série Nymphenbrünnen
Schiffala, Tidelands et Mélusine Mélamoi
céramique émaillée, impression 3d pla
dimensions variables
2026
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