Léa Dervieu

Léa Dervieu Lachaud issu d’une formation en cinéma et en arts, s’est peu à peu tournée vers l’image et la sculpture.
Son travail part du regard que l’on porte aux lieux, aux choses, aux souvenirs, à la mémoire des personnes et aux paysages lacunaires.
Ses photographies et ses installations jouent des termes et techniques propres à la photographie qu’elle ne cesse de déjouer : photosensible, fixatif, effacement, disparition, dégradation, instabilité...
Son travail nous emmène dans des nouvelles relations à ces territoires par l’hybridation, la transparence ou la superposition.
Nous sommes en dérive dans un paysage sans dates ni lieu ni formes humaines.
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L'ombre des seuils
Ces voiles imprimés de l’empreinte d’une fenêtre, grâce à un procédé photosensible, interrogent les frontières entre intérieur et extérieur. L’architecture réduite à celle de la maison ou de l’abri soulève des questions d’intimité et d’espace domestique. Suspendue dans l’espace, l’installation capte la lumière et ses mémoires, oscillant entre matérialité et immatérialité, apparition et disparition.
Structure en acier produite avec le soutien des Beaux-Arts de Nantes Saint-Nazaire. -
Sous l'aube
Tissu insolé avec produit photosensible et résine. Formats variables environ 36x24cm
Ces textiles insolés conservent l’empreinte de la lumière, celle des encadrements de fenêtres, comme dans l’installation adjacente. Les formats réduits proposent la fenêtre comme motif, dessinant dans l’espace des grilles. Ces fragments explorent les notions de passage du temps et de mémoire. Entre la fragilité du textile et la dureté de la résine, le procédé souligne la tension entre la mémoire fugace et la permanence. -
Construire face au liquide
Ce travail a commencé en questionnant le support photographique. Il apparaissait intéressant de rechercher des dispositifs de monstration d’images afin que celles-ci ne se cantonnent pas au mur.
Cela a donné naissance à une série de structure en métal s’inspirant de l’architecture modulaire et de préfabriqués que l’on trouve dans les zones périurbaines.
Ces images sont floues, surexposées, superposées. Elles donnent à voir un paysage qui n’est plus si lisible, celui qu’on traverse, comme un trajet de bus où l’on regarde par la fenêtre et où certaines scènes et impressions nous marquent.
Ce projet peut prendre différentes formes et différentes disposition. -
Dusting
« Dusting ou bien tout ce qu’on peut entendre par la poussière. De manière poétique, le sable est une forme de
poussière, il existe l’expression des poussières d’étoiles et le mot “pollen” signifie lui-même poussière. Léa Dervieu
Lachaud nous invite à continuer sur la route de la poétique de la poussière dans ses deux photographies, où
la poussière se confond au grain argentique; ou ce qui est capturé photographiquement se laisse perturber par la
surface photosensible saisissante, une pellicule argentique périmée. (...)
Peut-être que Léa Dervieu Lachaud s’amuse de ce qu’on appelle au cinéma la nuit américaine, c’est-à-dire une
fausse nuit, une nuit hollywoodienne filmée à midi et non à minuit. Cela est possiblement dû à la sensibilité de
la pellicule. En anglais, le crépuscule se dit dusk, si proche alors du mot dust. Il serait étonnant d’imaginer que
cela n’a pas été entendu dans la sensibilité, la poétique mise en oeuvre dans les photographies de Léa Dervieu
Lachaud. Elle imagine ici une autre heure, une autre lumière poussiéreuse, celle de la nuit. »
Extrait du texte écrit par Titi M. Cerina dans le cadre de l’exposition «ONCE WE ENTER NIGHT»