Charlotte Lavandier
Née en 1995 à Orléans (France), vit et travaille à Bruxelles (Belgique).
Artiste pluridisciplinaire, elle utilise essentiellement la sculpture et l’installation mais aussi la vidéo, le dessin et la photographie.
En 2021, elle obtient un master en sculpture à l’ENSAV La Cambre (Bruxelles, Belgique), après un BTS en design d’espace à l’École Boulle (Paris). Son travail a notamment été exposé en Belgique au BPS22, au MAC’S, au Botanique et à KANAL-Centre Pompidou, ainsi qu’à La Traverse à Marseille. Lors de sa dernière année d’études, en 2021, elle reçoit le premier prix de la Médiatine. En 2025, elle est récompensée par le premier prix Jeunes Artistes du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle a également participé à plusieurs résidences artistiques en Belgique et en France, notamment aux RAVI à Liège, à la MAAC et à la Fondation du Carrefour des Arts à Bruxelles, ainsi qu’à Pollen à Monflanquin.
« Entre frontalité et métaphore, je conçois ma pratique comme une pièce à conviction. Je donne corps à une parole à la fois incarnée et collective afin de questionner ce que nos vécus personnels laissent affleurer de structures d’injonctions et de contraintes sociales. Je porte une attention particulière aux éléments spatiaux et aux objets du quotidien apparemment banals, mais porteurs d’une certaine cruauté : rapports de pouvoir, de discipline, de surveillance ou encore de mécanismes de conformisation. Les thématiques abordées dans mon travail portent ainsi sur les violences sociales et institutionnelles — écoles, administrations, espaces démocratiques — et sur la manière dont elles s’inscrivent dans l’intime, influencent notre rapport à nous-mêmes et mettent parfois à l’épreuve notre capacité à habiter notre singularité. J’aborde la santé mentale à partir de ces tensions, en m’intéressant aux violences vécues ou observées, à leur mémoire et aux traces qu’elles laissent dans les corps et les psychés. »
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L'âge des armures, 2025
Miroirs, crochets, structure en acier brut
300 x 300 x 250 cmDes bancs de vestiaire d’école, inhospitaliers, forment un cercle fermé. À hauteur d’enfant, des miroirs renvoient les regards, en écho à une identité en construction, façonnée par le regard des autres. Dans l’entre-soi des vestiaires naissent les premiers jeux de pouvoir, les premières violences, les premiers harcèlements. Les spots éclairent un espace vide, en attente d’un événement. La lumière diffractée crée des ombres instables, cauchemardesques. Entre l’arène sportive et le théâtre social, l’œuvre interroge le moment charnière où chacun·e choisit son armure et son rôle dans le jeu des autres.
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Autopsie d'une bonne élève, 2025
Banc d’école rétroéclairé, instruments d’autopsie (burin à crâne, écarteur de Weitlaner, couteau à cartilage etc.) et fournitures scolaires.
110 x 60 x 75 cm« Autopsie d’une bonne élève » ouvre le corps de l’apprentissage comme on entrouvre un coffre à secrets. Sous le couvercle du banc d’école se cachent des instruments hybrides, entre fournitures scolaires et outils d’autopsie. L’œuvre interroge : que reste-t-il de celle qui a toujours bien appris, bien obéi ? Façonnée par les attentes, sculptée par les corrections, disséquée par les exigences, elle porte en elle des traces invisibles : celles d’une discipline intériorisée, d’un cadre absorbé jusqu’à ne faire plus qu’un avec elle.
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Au printemps qui suit toujours, 2021
Vidéo HD 6’13’’couleur, stéréo 16:9
Cette vidéo établit un parallèle entre la rencontre d’un arbre qui souffre d’une dégénérescence génétique et le trouble bipolaire. Les symptômes de la maladie apparaissent et disparaissent de manière cyclique comme les feuilles au fil des saisons. Cette proposition oppose un regard poétique et sensible face à la classification des manuels de psychiatrie. Elle nous interroge sur les formes altérées de soi et l’énergie déployée pour les refouler mais également sur ce qui, à l’image de l’arbre, nous rend étranger à nous-même. La vidéo se termine par une citation de Virginia Woolf ; un hommage à cette écrivaine atteinte de ce trouble, suicidée en 1941 .
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Monument des paroles étouffées, 2019
matelas, semelles de chaussures, planches mdf, bois rabotés
250 x 360 x 180 cmCette sculpture monumentale apparaît comme un anti-Arc de Triomphe qui nous interroge sur notre propre rapport à la pauvreté. L’usure des semelles, le flétrissement des matelas, l’hostilité des tiges filetées ou l’isolation des sons authentifient le lieu de vies soumises à l’errance, l’insécurité et la solitude. Cette pièce est un acte de résistance face à l’énergie déployée pour rendre invisible la précarité. Elle pointe les tragédies en cours et les états de faits qui en banalisent la violence.
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Il, 2024-2017
impression scan argentique sur papier mat,
100 x 120 cmEntre la photographie et la performance, « IL » nous interroge sur nos rapports de genres, ambigus et conflictuels. Le corps de l’artiste, tentaculaire, difforme et hybride est défini par le pull d’un homme qui en contraint la forme. Dans un même temps, elle nous dévoile une animalité, les cuisses écartées et le ventre émergeant du trou qui instaurent un sentiment purement viscéral, primaire et hostile. Le sens métaphorique est double. La matière extensible du pull se mue alors en sculpture-objet autour du corps de l’artiste qui devient à la fois la prédatrice et la proie.
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